Le secteur Touristique en France en 2025
1er semestre 2025 : Une tendance positive
En 2024, sous l’impulsion des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, le secteur du tourisme a généré 200 milliards d’euros de chiffres d’affaires, dont 71 milliards d’euros de recettes internationales, soit 8 % de plus qu’en 2023. Le tourisme est l'un des piliers de l'économie française et représentait, en 2024, 8 % du PIB national. Entre janvier et avril 2025, il a généré 21,4 milliards d'euros de recettes touristiques, soit 8 % de plus par rapport à la même période en 2024.
Sur les quatre premiers mois de l’année 2025, la France, selon l’agence dédiée, a en effet enregistré une nette progression de son attractivité auprès des clientèles étrangères. Les recettes touristiques internationales ont atteint 21,4 milliards d’euros, en hausse de 8 % par rapport à la même période l’an passé. Mieux encore : le solde de la balance des paiements touristiques s’est amélioré de 25,4 %, traduisant une intensification des flux entrants. Cette embellie s’explique notamment par le retour en nombre des visiteurs européens, avec des hausses significatives enregistrées du côté de l’Allemagne (+25 %), des Pays-Bas (+24 %) ou encore de l’Espagne (+15 %). Seule la clientèle britannique affiche un recul notable (-18 %).
Saison estivale 2025 : Le secteur en difficulté, pourquoi ?
- L’inflation
La première coupable désignée c’est l’inflation mondiale avec des taux importants ces dernières années, 5,76 % en 2024, 6,66% en 2023 et 8,63% en 2022. Le portefeuille des touristes en est amaigri, et cela commence à se faire sentir sur le tourisme. Alors que la saison estivale devrait battre son plein, les vacances d’été ont débuté difficilement pour certains professionnels du secteur.
À Martigues par exemple, dans les Bouches-du-Rhône, la plage est bondée. Pourtant, les commerçants autour peinent à en ressentir l’effet. « À cette heure-là, on [devrait avoir] au moins des bons qui vont jusqu’ici, avec beaucoup de sucrés, vu qu’on arrive à l’heure du goûter. On devrait être dans le gros rush de l’été jusqu’au 15 août. Et là, clairement, on commence à se poser des questions », confie Alexandre Pors, gérant de l’En-cas à TF1.
- Un budget en baisse
En plus de l’inflation, la situation internationale et les difficultés rencontrées par tous les pays pour passer la mutation économique en cours, poussent à être raisonnable en limitant les dépenses en vacances. Ainsi le taux d’épargne a bondi et le budget vacances a, lui, chuté.
Les restaurateurs sont ceux qui souffrent le plus, car il y a un changement dans le comportement de la clientèle. Dans les postes de loisirs vacances, ce sont ceux-là qui pâtissent le plus de la hiérarchie des dépenses. Les touristes vont moins souvent au restaurant et quand ils y vont, ils dépensent moins. Une tendance que confirme Frédéric Ghintran, patron de trois restaurants à Nice à France 3.
« Dans mes établissements, je fais un peu mieux que l’an passé, mais ce n’est pas significatif de ce qui se passe autour de moi. Le panier moyen est à la baisse même s’il y a plus de clients qu’avant. Oscar, le 1er restaurant que j’ai eu dans la rue piétonne, fait 5 % de chiffre d’affaires de moins que l’an passé alors qu’il enregistre davantage de fréquentation. » – Frédéric Ghintran, patron de trois restaurants à Nice.
- Le salut par les étrangers
Les touristes internationaux sont attendus en nombre, les prévisions d’arrivées aériennes internationales annonçant une progression de 4,7 % sur la période juin-août 2025. Les visiteurs du Danemark, de Suède et d’Australie (+15 %), du Canada et de Chine (+10 %) seront notamment plus nombreux en France cet été. Les Américains aussi, mais dans une moindre mesure (+3 %).
Enfin, notons que les étrangers qui viennent chaque année sur la Côte d’Azur, et en particulier dans la ville du festival du film Cannes, continuent de dépenser. En particulier ceux issus des pays du Golfe (c’est une constante), qui choisissent l’ultra luxe mais il y a aussi, à Cannes comme à Nice, une clientèle Airbnb contre laquelle les avis sont très partagés.
Comment le gouvernement a-t-il décidé de prendre le secteur touristique en main ?
Depuis les années 1990, la France est à la première place mondiale en nombre de visites. Mais, en 2024, malgré une bonne fréquentation due aux JO, elle n’a été qu’en quatrième position mondiale, derrière Les États-Unis (199 milliards d’euros) qui occupent la première place devant l’Espagne (98,6 milliards d’euros) et le Royaume-Uni (78,1 milliards d’euros). Afin de renverser cette tendance, le Gouvernement a fixé un cap, en plus de faire de la France la première destination de tourisme durable au monde : atteindre 100 milliards d’euros de recettes internationales d’ici 2030.
Le Gouvernement et les acteurs de la politique du tourisme (collectivités territoriales, socioprofessionnels, etc.) sont dès à présent mobilisés. Pour atteindre cet objectif, la stratégie française s’articule autour de cinq axes auxquels la Direction générale des Entreprises (DGE) contribue activement.
- Axe 1 : moderniser les outils de la politique publique du tourisme
La DGE assure le déploiement de l’outil numérique « API meublés » qui vise à mieux réguler les meublés touristiques selon les réalités territoriales. Cet outil permettra de centraliser les données d'activité que les intermédiaires de locations saisonnières doivent transmettre aux communes en matière de meublés de tourisme. D'abord ouvert fin 2025 à près de 420 communes, ayant mis en place la procédure d'enregistrement des meublés de tourisme, cet outil sera généralisé en mai 2026 à l'ensemble des communes.
En outre, la DGE contribue également à la relance du Comité de filière tourisme, dans un format rénové et plus opérationnel afin de renforcer la vision prospective et la transformation du secteur.
- Axe 2 : renforcer la politique d’attractivité et d’influence
Co-portée par le ministère du Tourisme et celui des Sports, la feuille de route sur le tourisme sportif vise à soutenir le développement des acteurs du secteur pour poursuivre la dynamique enclenchée par les Jeux olympiques et paralympiques de Paris, dans la perspective des Jeux olympiques et paralympiques des Alpes françaises 2030.
Par ailleurs, plus de 1 200 foires et salons, 2 300 congrès et 380 000 événements d’entreprises ont lieu chaque année en France. Ils génèrent 32 milliards d’euros de retombées économiques. Le tourisme d’affaires a été structuré avec un premier contrat de filière en 2016. Pour faire émerger un événementiel plus responsable, attractif et mieux intégré aux politiques publiques, l’ensemble des partenaires du contrat de filière (État, collectivités territoriales et professionnels) se sont mobilisés pour élaborer un nouveau cadre stratégique partenarial pour la période 2025-2030. Ce nouveau contrat de filière a été signé à l’occasion du CIT. À travers 35 actions opérationnelles, il a pour ambition de structurer durablement le tourisme d’affaires et de l’événementiel en renforçant la mesure de son impact, en accélérant sa transition écologique, en stimulant l’innovation et en valorisant son rôle stratégique pour les territoires.
- Axe 3 : attirer de nouveaux talents
La DGE pilote la Semaine des métiers du tourisme, créée en 2023, qui a pour objectif de renforcer l’attractivité des métiers du tourisme, notamment chez les jeunes et les demandeurs d’emploi. Fort du succès de la troisième édition, avec 2 400 événements organisés partout en France et près de 14 200 recrutements effectués, le CIT a annoncé que la quatrième édition se déroulera au premier trimestre 2026.
- Axe 4 : accompagner le secteur dans les différentes transitions
Des premières données sur l’impact environnemental du secteur, en particulier son empreinte carbone, seront disponibles d'ici la fin de l'année 2025. Une feuille de route sur l’usage des mobilités décarbonées a été annoncée comme levier pour amorcer une stratégie de décarbonation de la filière. Le but est de faire de la France la première destination de tourisme durable au monde d’ici 2030.
Pour soutenir la montée en puissance de l’innovation et de la tech, la DGE pilote le programme France Tourisme Tech, lancé en 2023, qui valorise l’écosystème de l’innovation dans le secteur du tourisme et a déjà accompagné 25 entreprises. La troisième promotion du programme sera révélée en novembre prochain.
- Axe 5 : diversifier l’offre touristique
La visite d’entreprise a rencontré un essor remarquable en 2024, avec 22 millions de visiteurs et plus de 4 000 entreprises ouvertes de manière régulière au public (voir Observatoire 2025 de la visite d'entreprise). Ce type de tourisme permet de valoriser les savoir-faire locaux et de soutenir l’attractivité des métiers. Il a généré des retombées économiques directes et participe à un tourisme durable, de proximité et réparti sur l’ensemble de l’année. Une feuille de route consacrée au tourisme de savoir-faire a ainsi été présentée afin d’amplifier la fréquentation des entreprises déjà ouvertes, structurer et valoriser les filières stratégiques, faire monter en gamme l’offre de visite et renforcer les outils d’identification et d’accompagnement des projets. En partenariat avec dix régions bénéficiaires, la feuille de route s'appuie notamment sur le fonds « Tourisme de savoir-faire » qui, doté de cinq millions d’euros, permettra à une centaine d'entreprises de s'ouvrir à la visite d'ici 2026.
Enfin, avec 12 millions de touristes en 2024, l’œnotourisme constitue un atout pour mettre en avant la ruralité et la richesse des territoires français. Une feuille de route sur l’œnotourisme a été réalisée par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire et le Conseil supérieur de l’œnotourisme. Elle a pour ambition de faire de la France la première destination œnotourisme européenne. Elle vise à soutenir, professionnaliser et renforcer le rayonnement international de cette filière stratégique en forte croissance, tout en respectant les mesures de santé publique pour la prévention des risques liés à la consommation de vin.
Sources :
Comité interministeriel du tourisme
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